Anomalies de la main chez l'enfant
Introduction pour les parents :
Un peu de vocabulaire : on dit que ces anomalies sont congénitales lorsque l'enfant est né avec, sans distinguer si l'origine est génétique ou pas.
On dit que que l'anomalie est héréditaire lorsqu'elle a été transmise par un ou les deux parents, et que l'enfant pourra aussi la transmettre à ses descendants.
Toutes les anomalies congénitales ne sont pas forcément héréditaires, ni d'origine génétiques !
La syndactylie
La syndactylie est la malformation congénitale de la main la plus fréquente, touchant 1 naissance sur 2000. Elle se caractérise par une fusion de deux ou plusieurs doigts, résultant d'un défaut de séparation durant le développement embryonnaire entre la 6ème et 8ème semaine de grossesse.
Types et classification
Syndactylie simple : Fusion cutanée uniquement (palmure de peau)
Incomplète : fusion partielle ne touchant pas l'extrémité
Complète : fusion jusqu'au bout des doigts incluant l'ongle
Syndactylie complexe : Fusion osseuse ou cartilagineuse
Peut inclure des anomalies tendineuses et vasculo-nerveuses
Nécessite une imagerie préopératoire détaillée
Syndactylie compliquée : Associée à d'autres anomalies
Polydactylie adjacente
Anomalies osseuses (synostose, delta-phalange)
Syndromes polymalformatifs (Apert, Poland)
Localisations fréquentes
L'atteinte la plus commune concerne l'espace entre majeur et annulaire (50% des cas), suivie par l'annulaire-auriculaire. La syndactylie pouce-index est rare mais fonctionnellement gênante.
L'atteinte est bilatérale dans 50% des cas et souvent symétrique.
Traitement chirurgical optimal
Timing opératoire :
Entre 12 et 18 mois pour la plupart des cas
Plus précoce (6 à 12) mois parfois
Technique chirurgicale :
Séparation par lambeau en Z ou lambeau dorsal omega.
Greffe de peau souvent nécessaire
Reconstruction commissurale soignée
Un seul côté d'un doigt opéré à la fois (préservation vasculaire)
Résultats et suivi
Les résultats fonctionnels et esthétiques sont généralement excellents avec une technique appropriée. Le suivi jusqu'à la fin de croissance de la main est nécessaire pour dépister les déviations secondaires ou les brides cicatricielles nécessitant une reprise.
La Polydactylie : Doigts Surnuméraires
La polydactylie touche 1 naissance sur 500 à 3000 selon l'origine ethnique. Elle se manifeste par la présence d'un ou plusieurs doigts surnuméraires, pouvant aller d'un simple appendice cutané à un doigt complet fonctionnel.
Classification anatomique
Polydactylie pré-axiale (radiale) :
Duplication du pouce (la plus fréquente chez les caucasiens)
Classification de Wassel (7 types selon le niveau de duplication)
Souvent unilatérale et sporadique
Polydactylie post-axiale (ulnaire) :
Doigt surnuméraire côté auriculaire
Type A : doigt bien formé articulé
Type B : appendice cutané rudimentaire
Transmission autosomique dominante fréquente
Polydactylie centrale :
Duplication index, majeur ou annulaire
Plus rare et souvent syndromique
Associée fréquemment à une syndactylie
Bilan pré-thérapeutique
Radiographies pour analyser le squelette
Évaluation de la fonction de chaque doigt
Recherche de malformations associées
Conseil génétique si forme familiale
Stratégies chirurgicales
Appendice cutané (Type B) :
Ligature néonatale ou exérèse chirurgicale simple
Doigt bien formé :
Chirurgie entre 12 et 18 mois
Ablation du doigt le moins fonctionnel
Reconstruction ligamentaire et tendineuse du doigt conservé
Ostéotomie correctrice parfois nécessaire
Duplication du pouce :
Technique de Bilhaut-Cloquet si duplication symétrique
Ablation et reconstruction si asymétrique
Préservation de la stabilité articulaire primordiale
La Camptodactylie : Doigt en Flexion Permanente
La camptodactylie est une déformation congénitale en flexion irréductible de l'articulation interphalangienne proximale (IPP), touchant principalement l'auriculaire. L'incidence varie de 1/100 à 1% de la population selon les critères diagnostiques.
Les anomalies peuvent concerner :
Déséquilibre musculo-tendineux (lumbrical, fléchisseurs)
Anomalie du fléchisseur superficiel
Rétraction cutanée palmaire
Modifications capsulo-ligamentaires secondaires
Présentation clinique
Type I : Forme infantile
Apparition dans la petite enfance
Progression lente
Atteinte souvent bilatérale
Garçons = filles
Type II : Forme adolescente
Apparition à la puberté
Prédominance féminine
Généralement unilatérale
Évolution plus rapide
Type III : Forme syndromique
Associée à des syndromes complexes
Atteinte multiple des doigts
Pronostic fonctionnel variable
Prise en charge thérapeutique
Traitement conservateur (première ligne) :
Orthèses d'extension progressive nocturnes
Kinésithérapie avec étirements doux
Port diurne d'attelles dynamiques
Efficace si flexion peu importante
Traitement chirurgical (échec conservateur) :
Indiqué si flexion importante ou si échec de l'orthèse bien portée
Techniques multiples
Résultats inconstants, récidives fréquentes
La Clinodactylie : Déviation Latérale du Doigt
La clinodactylie touche 1 à 10% de la population, se manifestant par une incurvation latérale d'un doigt dans le plan frontal. L'auriculaire est le plus souvent atteint avec une déviation radiale, généralement bilatérale et familiale.
Mécanisme et anatomie
La déviation résulte d'une anomalie de croissance de la phalange moyenne :
Phalange delta (triangulaire) avec épiphyse en C
Fermeture prématurée asymétrique du cartilage de croissance
Support osseux anormal longitudinal
Angle de déviation progressif avec la croissance
Indications thérapeutiques
Surveillance simple ou chirurgie en fonction de l'angulation et de la fonction :
Timing : après 10 ans idéalement
Le Pouce à Ressaut/ressort Congénital
Le pouce à ressort congénital, ou ténosynovite sténosante du long fléchisseur du pouce, touche 3 enfants sur 1000. Contrairement à l'adulte, il est rarement douloureux et souvent découvert tardivement quand l'enfant commence à utiliser sa pince pouce-index.
Présentation clinique typique
Pouce bloqué en flexion
Nodule palpable à la base du pouce (nodule de Notta)
Ressaut possible dans 30% des cas
Extension passive difficile voire impossible
Généralement unilatéral (75% des cas)
Avant 1 an :
Résolution spontanée dans 30% des cas
Observation et massage recommandés
Étirements doux par les parents
Après 1 an :
Résolution spontanée rare (< 10%)
Risque de rétraction en flexion fixée
Indication chirurgicale fréquente
Traitement chirurgical
Chirurgical (échec conservateur ou > 3 ans) :
Section de la poulie A1
Exploration et libération du nodule tendineux
Récupération rapide, excellents résultats
Récidive exceptionnelle
L'Aplasie/Hypoplasie du Pouce
L'hypoplasie du pouce représente un continuum allant de la simple hypotrophie à l'absence complète. La classification de Blauth-Buck-Gramcko en 5 types guide la stratégie thérapeutique. L'incidence est d'environ 1/30 000 naissances.
Classification et implications
Type I : Hypoplasie mineure
Pouce plus petit mais fonctionnel
Tous les éléments présents
Pas de traitement nécessaire
Type II : Hypoplasie modérée
Insuffisance musculaire thénarienne
Instabilité MCP modérée
Espace première commissure rétréci
Type III : Hypoplasie sévère
IIIa : Articulation carpo-métacarpienne stable
IIIb : Articulation carpo-métacarpienne absente/instable
Déficience musculaire et ligamentaire majeure
Type IV : Pouce flottant
Attaché seulement par la peau et tissu mou
Pas de squelette ni fonction
Type V : Absence complète
Stratégies reconstructrices
Types I-II et IIIa : Reconstruction
Plastie de la première commissure
Stabilisation ligamentaire MCP
Transfert d'opposition (muscle ADQ ou FDS)
Greffe osseuse si nécessaire
Types IIIb, IV et V : Pollicisation
Transformation de l'index en pouce
Intervention complexe vers 12-18 mois
Résultats fonctionnels remarquables
Aspect esthétique satisfaisant avec le temps
La Main Bote Radiale
La main bote radiale congénitale résulte d'une aplasie ou hypoplasie du radius, entraînant une déviation radiale sévère de la main. L'incidence est de 1/30 000 à 1/100 000 naissances, avec des implications fonctionnelles majeures.
Présentation et classification
Classification de Bayne :
Type I : Radius court (hypoplasie mineure)
Type II : Hypoplasie radiale significative
Type III : Aplasie radiale partielle
Type IV : Aplasie radiale totale (la plus fréquente)
Anomalies associées fréquentes :
Hypoplasie/absence du pouce (>90%)
Syndactylie ou synostose
Anomalies cardiaques (Syndrome Holt-Oram)
Anomalies hématologiques (Anémie de Fanconi, TAR syndrome)
VACTERL association
Bilan systématique
Radiographies bilatérales membres supérieurs
Échographie cardiaque
NFS, myélogramme si indiqué
Caryotype et études génétiques
Échographie abdomino-rénale
Prise en charge multidisciplinaire
Traitement initial (dès la naissance) :
Kinésithérapie avec étirements
Attelles progressives de recentrage
Préparation des tissus mous pour la chirurgie
Traitement chirurgical :
Centralisation du carpe (6-12 mois)
Transfert tendineux pour maintien
Pollicisation si pouce absent
Allongement ulnaire progressif parfois nécessaire
La Brachydactylie : Doigts Courts
La brachydactylie désigne le raccourcissement congénital d'un ou plusieurs doigts par hypoplasie ou absence des phalanges ou métacarpiens. La classification de Bell distingue 5 types principaux (A à E) avec de nombreux sous-types.
Types principaux
Type A : Brachydactylie des phalanges moyennes
A1 : Toutes les phalanges moyennes (Farabee)
A2 : Index et auriculaire (Mohr-Wriedt)
A3 : Auriculaire seul (le plus fréquent)
Type B : Brachydactylie distale
Absence/hypoplasie phalanges distales
Ongles absents ou hypoplasiques
Symphalangie fréquente
Type C : Brachydactylie complexe
Atteinte des trois phalanges
Index et majeur principalement
Aspect caractéristique en "main de bêcheur"
Type D : Brachydactylie du pouce
"Pouce de potier" ou "clubbed thumb"
Isolée, autosomique dominante
Prévalence jusqu'à 1% dans certaines populations
Type E : Brachydactylie métacarpienne
Métacarpiens courts (4ème le plus fréquent)
Fossettes dorsales caractéristiques
Souvent associée à des pathologies endocriniennes
Approche thérapeutique
La plupart des brachydactylies ne nécessitent aucun traitement, la fonction étant préservée. Les indications chirurgicales sont rares :
Allongement osseux par distraction
Ostéotomies correctrices si déviation
Greffe osseuse intercalaire
Résultats fonctionnels limités, risques importants
La Macrodactylie : Gigantisme Digital
La macrodactylie congénitale est une hypertrophie de tous les tissus d'un ou plusieurs doigts, touchant 1/100 000 naissances. Elle résulte d'une anomalie de croissance localisée avec hyperplasie et hypertrophie de tous les éléments digitaux.
Classification clinique
Selon l'évolution :
Type statique : croissance proportionnelle au reste de la main
Type progressif : croissance disproportionnée et rapide
Selon l'étendue :
Isolée digitale : un seul rayon
Multiple : plusieurs rayons adjacents
Associée : neurofibromatose, syndrome de Protée
Distribution anatomique :
Territoire du nerf médian (la plus fréquente)
Index et majeur principalement atteints
Atteinte nerveuse (macrodysplasie lipomateuse)
Retentissement fonctionnel
Gêne mécanique par le volume
Raideur articulaire progressive
Déviation angulaire fréquente
Compression nerveuse possible
Impact psychologique majeur
Chirurgie de réduction :
Dégraissage et résection tissulaire
Épiphysiodèse pour limiter la croissance
Ostéotomies de raccourcissement
Résultats esthétiques souvent décevants
Multiples interventions nécessaires
L'Arthrogrypose
L'arthrogrypose multiplex congenita touche 1/3000 naissances et associe des rétractions articulaires congénitales multiples. L'atteinte des mains est quasi-constante avec des déformations sévères compromettant la fonction.
Déformations typiques :
Poignets en flexion-déviation ulnaire fixée
Pouces dans la paume (adductus)
Doigts en flexion ou extension fixée
Syndactylie cutanée fréquente
Peau fine, absence de plis de flexion
Musculature hypoplasique
Formes cliniques :
Amyoplasie (forme classique sporadique)
Arthrogrypose distale (génétique)
Syndromes complexes associés
Évaluation fonctionnelle
Mobilité passive résiduelle
Force musculaire (souvent très faible)
Sensibilité (généralement conservée)
Adaptations spontanées de l'enfant
Potentiel de préhension global
Stratégie thérapeutique globale
Prise en charge précoce :
Kinésithérapie intensive quotidienne
Attelles de posture évolutives
Ergothérapie pour adaptations
Stimulation sensitive et motrice
Chirurgie sélective :
Libération du pouce dans la paume
Transferts tendineux si muscles actifs
Capsulotomies et ténolyses
Arthrodèses de stabilisation
Objectif : une main helper fonctionnelle
Les Synostoses : Fusions Osseuses
Les synostoses congénitales correspondent à des fusions osseuses anormales entre os normalement séparés. Au niveau de la main, elles concernent principalement les métacarpiens et les phalanges.
Synostose métacarpienne
Caractéristiques :
Fusion entre 4ème et 5ème métacarpiens la plus fréquente
Souvent bilatérale et familiale
Transmission autosomique dominante
Découverte fortuite habituelle
Retentissement :
Généralement asymptomatique
Légère limitation de l'écartement digital
Fonction préservée
Symphalangie
Définition :
Fusion entre phalanges d'un même doigt
Absence d'interligne articulaire
IPP la plus touchée
Présentation :
Raideur digitale congénitale
Absence de pli de flexion cutané
Souvent multiple et bilatérale
Association syndromique fréquente
Prise en charge
La chirurgie est rarement indiquée :
Fonction généralement satisfaisante
Adaptation spontanée excellente
Risque chirurgical > bénéfice
Arthroplastie exceptionnelle si gêne majeure
Ectrodactylie
La main fendue ou "lobster claw hand" est caractérisée par une fente médiane profonde divisant la main, due à l'absence des rayons centraux. L'incidence est de 1/90 000 naissances avec une transmission autosomique dominante fréquente.
Présentation anatomique
Classification :
Type I : Fente centrale isolée
Type II : Fente avec syndactylie adjacente
Type III : Absence complète rayons centraux
Type IV : Formes complexes
Anomalies associées :
Pieds fendus (souvent)
Syndrome EEC (Ectrodactylie-Dysplasie Ectodermique-Fente)
Surdité
Malformations génito-urinaires
Fonction paradoxalement bonne
Malgré l'aspect impressionnant :
Pince commissurale efficace
Force de préhension conservée
Adaptations fonctionnelles remarquables
Indépendance dans les AVQ
Reconstruction chirurgicale
Indications :
Amélioration esthétique (demande familiale)
Élargissement première commissure si pouce instable
Fermeture de fente si pince inefficace
Techniques :
Transposition de rayons (méthode de Snow-Littler)
Reconstruction commissurale
Syndactylisation intentionnelle
Résultats variables, fonction prioritaire
Brides amniotiques constrictives
Le syndrome des brides amniotiques touche 1/15 000 naissances et résulte de constrictions circulaires par des brides fibreuses d'origine amniotique, créant des sillons de constriction, des syndactylies ou des amputations.
Spectre lésionnel
Type I : Sillon de constriction simple
Dépression circulaire cutanée
Pas d'atteinte profonde
Fonction normale
Type II : Constriction avec lymphœdème
Œdème distal important
Troubles vasculaires possibles
Compression nerveuse
Type III : Syndactylie acheirienne
Fusion digitale distale
Extrémités en "bouquet"
Fenestrations caractéristiques
Type IV : Amputation intra-utérine
Niveaux variables
Moignons bulbeux typiques
Ongles résiduels possibles
Le Syndrome de Poland
Le syndrome de Poland associe une agénésie du muscle grand pectoral et des anomalies de la main homolatérale. L'incidence est de 1/30 000 avec une prédominance masculine (3:1) et droite (75%).
Manifestations cliniques
Thoraciques :
Absence chef sterno-costal grand pectoral
Hypoplasie mammelonnaire/sein
Anomalies costales possibles
Asymétrie thoracique visible
Main (symbrachydactylie) :
Brachydactylie des doigts centraux
Hypoplasie phalanges moyennes
Syndactylie fréquente
Pouce généralement épargné
Prise en charge
Main :
Séparation syndactylies si présentes
Allongement digital rarement indiqué
Fonction souvent excellente
Thorax :
Reconstruction pectorale (adolescence)
Lambeau grand dorsal
Prothèse mammaire si nécessaire








FAQ
Qu'est-ce qu'une fracture?
C'est une rupture de l'os chez l'enfant.
Comment se produit-elle?
Elle survient souvent lors de chutes ou d'accidents.
Quels sont les symptômes à surveiller?
Douleur, gonflement et incapacité à bouger le membre.
Quel traitement est nécessaire?
Un plâtre est souvent requis pour la guérison.
Quand consulter un médecin?
Dès que vous suspectez une fracture.
Y a-t-il des complications possibles?
Oui, des infections ou des problèmes de croissance peuvent survenir.
Les informations sur les fractures en motte de beurre m'ont beaucoup aidé.
Marie L.
★★★★★
DOCTEUR YACINE BELKACEMI
Chirurgien spécialiste en orthopédie chez l'enfant de 0 à 15 ans
Centre médical privé Medipolis 1er étage,
3 rue Marthourey,
42270 Saint-Priest-en-Jarez
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